Texte Libre
L'Amiral Pierre Lacoste, Président de la FEPIE, répond à la question Sur France Culture.
(écouter l'émission en rm).
Intelligence économique et compétitivité
L'Amiral Pierre Lacoste, Président de la FEPIE, répond à la question Sur France Culture.
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Les musulmans dans l'Union européenne sont décrits par les islamistes comme une communauté de fidèles menacés dans leur foi, et justifiant l'intervention salvatrice de leurs coreligionnaires à travers le monde. On est ici au coeur de la bataille d'Europe : les populations européennes d'origine musulmane seront-elles le vecteur de la démocratisation des pays d'où elles proviennent, à travers l'exemplarité de leur intégration et de leur réussite dans des sociétés libérales et pluralistes, ou se verront-elles au contraire prises en otage par ceux - Etats autoritaires du monde musulman ou mouvements islamistes - qui s'efforcent d'en faire un cheval de Troie pour déstabiliser le Vieux Continent en aiguisant des antagonismes confessionnels ? Tel est l'un des principaux enjeux politiques derrière cet embrasement.
Ainsi, s’initialise un processus de haine qui pourrait conduire ses instigateurs à la victoire. En effet, les disciples de Mahomet sont affrontés à une alternative du diable: devenir des boucs émissaires, ou bien, être pris en otages par les islamistes dont le projet totalitaire passe par le chaos et la destruction. Pour désamorcer cette situation explosive et rendre justice aux simples croyants pacifiques, il est impératif de décrypter la logique de puissance mise en œuvre par les islamistes.
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La revue quadriannuelle des programmes et stratégie du Pentagone, connue comme la QDR (Quadrennial Defense Review) est rédigée par le Pentagone à la demande du Congrès pour définir la stratégie militaire à venir et les moyens d’ y parvenir.
Le document vient d’être présenté ce début février , avec un retard de plusieurs mois,pour soulever une rafale de commentaires de la part de la presse d’analystes indépendants et y compris de hauts fonctionnaires. Son élaboration a requis la formation de 4 groupes de rédaction (équipes de processus intégrés) sous lesquelles se déclinent pas moins de trois douzaines d’équipes de travail , illustration d’une lourdeur bureaucratique phénoménale aboutissant à la paralysie fonctionnelle par apoplexie. De l’avis même des co-auteurs qui s’en sont plaint anonymement, aucune décision ne se prenait par les supérieurs lors des réunions frénétiques, et si toutefois un choix était prononcé, il est invalidé moins d’une saison après, donnant la consistance d’un chaos formidable.
Les commentateurs s’attendaient à une réorientation par rapport aux programmes antérieurs pour ce 3 ème QDR (depuis 1996) entièrement concocté sous le règne de Rumsfeld, à la lumière des souhaits émis par lui dès son arrivée aux affaires.
Il était attendu un déplacement des dépenses depuis les systèmes d’armements lourds et onéreux vers des technologies plus flexibles et vers un développement de forces plus mobiles afin de faire pièce au “terrorisme international islamiste”
En effet depuis 2005 , l’establishment militaire US a placé comme priorité des priorités la lutte contre l’islam révolutionnaire.
Or , rien de tel ne s’est dessiné avec le QDR actuel .Il a manqué son objectif , mais la raison en est le caractère indécis et irrésolu qui ne fait que refléter un conflit d’intérêts.Les différents corps d’armée, les industriels de l’armement, les différents services du Pentagone et tout un réseau de lobbyistes n’allaient tout de même pas céder et se mettre en péril.
Il apparaît alors la vacuité de la politique Us, vide intersidéral ouvert depuis que la puissance étasunienne a été vue depuis l’Irak pour ce qu’elle est = limitée. Cette absence de perspective a été largement signifiée par l’un des sous-secrétaires adjoints à la Défense , Harry Ryan qui décrit l’environnement extérieur aux USA comme incertain et imprévisible.S’il prédit un engagement militaire majeur dans la prochaine décennie, il ne peut imaginer ni où ni quand.Donc au lieu d’organiser une hiérarchisation des priorités dans les menaces à affronter, la QDR a présenté un répertoire vertigineux de dangers équivallents en probabilité. Parmi eux, menaces traditionnelles de pays pairs (explicitement la Chine), actions terroristes, désastres naturels, largage d’armes de destruction massive, crises humanitaires.
Contre tout cela, QDR ne peut que recommander le développement de nouveaux avions de combat, des destroyers, sous-marins nucléaires et de nombreuses autres technologies de type conventionnel.
C’est ainsi que persiste l’orientation unipolaire des affaires étrangères étasuninnes avec en sus la désignation de régions et de pays qui se trouvent à des carrefours stratégiques .Les puissances qui ont vocation prochaine de devenir des concurrents sont la Chine , l’Inde et la Russie. C’est la perception que Pékin puisse devenir une puissance hégémonique en Asie de l’Est du Sud est et Centrale qui justifie le maintien des dépenses pour un armement conventionnel.
Le traitement de la Chine combinerait une coopération pour l’aider à acquérir un statut de puissance tout en la dissuadant de s’armer.La dissuasion s’opèrerait par son encerclement et le renforcement des liens avec le Japon, la Corée du Sud et l’Australie.
La Chine a réagi en indiquant que sa politique de défense était basée sur un développement pacifique , signalant qu’elle est dépourvue de bases militairs en dehors de ses frontières alors que les US disposent de cent bases et 100 000 soldats en Asie.L’agence de presse Xinhua a cité le général Guanghian : “le QDR n’a d’autre fonction que d’ aider l’industrie d’armement US à aller à la pêche aux profits”.
Programme irréaliste , ligoté par les nécessaires limitations budgétaires, sans vision claire de l’avenir parce que rendu aveugle au monde par un lobbying forcené. Dans cette totale opacité, demeure le noyau programmatique de lutte contre les mouvements islamiques. La prochaine zone à investir serait la corne de l’Afrique.
Les stratèges de la trempe des Wolwofitz et Perle prévoient une fois réglés les problèmes de l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak ( mais quand??) une concentration des terroristes vers ce nouveau champ de bataille où les USA n’ont aucune puissance rivale.
L’instrument de domination sera le Combined Joint Task Force - Horn of Africa (C.J.T.F.) basé à Djibouti composé de 1600 hommes dont la moitié est capable de mener des tâches civiles et des missions d’entraînement militaire en dehors des bases.
Rumsfeld a désigné le C J T F comme modèle pour le futur du Département De la Défense. (DoD)
Ne s’est-il pas encore aperçu que le rêve de contrôle du monde par ces faucons à la bannière étoilée et ensanglantée , symbole désormais irréversible de l’horreur , de l’arbitraire , de l’arrogance, de la torture s’est brisé en Mésopotamie?
la version 2006 du rapport est disponible à l'adresse suivante :
http://www.defenselink.mil/qdr/report/Report20060203.pdf
la version 2001 du rapport :
Le 16 mars dernier, la Maison Blanche a publié son document de référence en matière de sécurité nationale alors que, comme le rappelle le Président G. W. Bush dans une lettre destinée à ses compatriotes et ouvrant le rapport « America is at War ».
Avec cette nouvelle publication et sans prendre position sur les choix stratégiques de l’Administration, dont l’un des objectifs est de façonner l’environnement des Etats-Unis afin qu’il corresponde à ses intérêts, la capacité des pays anglo-saxons à proposer des documents stratégiques est à souligner.
Ces documents montrent en effet que les plans de gouvernement d’un pays ne sauraient se borner à la prochaine échéance électorale : les intérêts supérieurs d’un Etat-Nation dépassant de très loin les clivages idéologiques et les luttes de personnes.
U.S. Department of State, mai 2006
Ce rapport fait le bilan du terrorisme dans le monde et des actions menées par chaque pays pour le vaincre. Un rapport détaillé relate toutes les mesures prises par la France dans son engagement pour lutter contre le terrorisme.
« Désormais, pour six barils consommés chaque jour, un seul est extrait et nous sommes à la veille d’un choc pétrolier sans précédent ».
Dans son nouveau livre enquête, Eric Laurent dresse un panorama inquiétant mais authentique du monde du pétrole. En sortant des sentiers battus, il explique, données à l’appui, plusieurs faits, étrangement minorés par les gouvernements occidentaux, les pétromonarchies arabes et les compagnies pétrolières.
Il retrace l’histoire du pétrole en montrant qu’il n’est pas une matière première comme les autres mais un enjeu planétaire, véritable sang des économies occidentales. De ce fait, il a toujours eu sa place dans l’Histoire, servant tour à tour de cause à une guerre, de moyen de pression ou de mode de développement.
Eric Laurent éclaire le lecteur sur les relations américano-saoudiennes sur une période de 50 ans, le grand jeu entre les Etats-Unis et l’URSS pour la main mise sur le pétrole, l’utilisation de ce vecteur pour mettre à genoux l’Union Soviétique et enfin son importance dans les décisions de l’administration Bush au sujet de l’Irak. Plus grave, l’auteur dresse un réquisitoire sévère à l’encontre des compagnies pétrolières américaines et du monde occidental en général, intoxiqué par le pétrole et qui court à sa perte. La démonstration de la désinformation concernant le montant des réserves pétrolières est tout particulièrement stupéfiante.
« La face cachée du pétrole » entraînera le lecteur du Moyen-Orient à Washington, du Caucase et de l’Asie centrale à Pékin et lui donnera les cartes pour déchiffrer l’Histoire du monde de 1950 à nos jours.
Avec comme mot de la fin, un passage d’un article de Henry Kissinger publié par le Financial Times en juin 2005 : « la demande et la compétition pour l’accès à l’énergie peuvent devenir source de vie et de mort pour beaucoup de sociétés [pays]. Quand les armes nucléaires sont disséminées entre trente ou quarante pays et que chacun agit selon ses propres calculs, avec moins d’expérience et à partir de systèmes de valeur différents, nous aurons un monde en permanence menacé de catastrophes imminentes ».
Sans conteste un livre à lire et à conseiller, qui nous donne une vision du monde stupéfiante mais réaliste.
AR
Eric Laurent (2006), « La face cachée du pétrole », Plon.
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